Combat judiciaire relancé : deux sœurs accusent leur père de violences sexuelles
Dans l’ombre d’une tragédie médiatisée, une autre histoire émerge, celle de deux jeunes femmes qui se battent pour faire reconnaître des violences subies pendant leur enfance. Un combat judiciaire long et douloureux qui refait surface aujourd’hui.
Un père et un grand-père au cœur d’accusations graves
Joël Barella, père de Jérôme Barella – principal suspect dans l’affaire de la mort de Lyhanna – se retrouve aujourd’hui dans le viseur de la justice. Deux demi-sœurs, Maeva et Prescyllia, l’accusent de violences sexuelles commises durant leur minorité.
Ces révélations prennent une dimension particulière dans le contexte de l’affaire Lyhanna, qui a conduit le parquet à réexaminer ces dossiers enfouis.
Des plaintes anciennes longtemps ignorées
Le parcours judiciaire de ces deux jeunes femmes illustre les difficultés rencontrées par les victimes de violences intrafamiliales. Dès 2013, Prescyllia, alors âgée de 10 à 13 ans au moment des faits présumés, dépose une plainte pour viol contre Joël Barella.
Cette procédure aboutit pourtant à un non-lieu en 2021, laissant la jeune femme sans réponse judiciaire pendant huit longues années.
Une seconde plainte classée puis rouverte
Cinq ans plus tard, en 2018, c’est au tour de Maeva de franchir le pas en déposant plainte pour « agression sexuelle sur mineure de moins de 15 ans par personne ayant autorité ». Son dossier est classé sans suite en 2020.
Mais l’enquête sur la mort de Lyhanna change la donne : en 2023, le parquet de Béziers décide de rouvrir le dossier de Maeva, offrant un nouvel espoir aux deux sœurs.
Des témoignages bouleversants sur des années de souffrance
Prescyllia évoque des agressions répétées, notamment dans un camping-car, des souvenirs qui l’ont hantée pendant toute son adolescence. Ces violences l’ont poussée à plusieurs tentatives de suicide, marquant profondément son développement personnel.
Malgré ces épreuves, elle témoigne de sa détermination : « Juste pour qu’il voie que, même s’il m’a détruite, j’ai au moins réussi à construire ma famille et à relever la tête ».
Le soulagement d’être enfin entendues
Pour Maeva, la réouverture de l’enquête représente une étape cruciale. « Je pense qu’on avait besoin de ça », confie-t-elle, soulignant l’importance de cette démarche pour lever tous les doutes et prévenir toute récidive.
Les deux jeunes femmes portent ce combat non seulement pour elles-mêmes, mais aussi pour s’assurer que d’autres ne subissent pas le même sort.
Un environnement familial divisé et hostile
Le courage de parler s’est heurté à un mur d’incompréhension au sein même de leur cercle familial. Une partie de leurs proches les a traitées de menteuses, ajoutant l’isolement social au traumatisme initial.
Heureusement, leur mère et certains membres de la famille ont choisi de les croire et de les soutenir. Ce soutien s’est révélé vital, notamment pour Prescyllia qui pouvait compter sur sa mère, son beau-père et Maeva durant les moments les plus sombres.
L’espoir d’une reconnaissance judiciaire
Aujourd’hui, les deux demi-sœurs aspirent à voir leur parole enfin reconnue par la justice. Elles espèrent que Joël Barella sera jugé pour les actes qu’elles lui reprochent et que leur vérité sera établie.
Leur mère partage cet espoir et souhaite que ses filles soient entendues et crues après toutes ces années de silence imposé et de déni familial.
Ce dossier symbolise les obstacles auxquels font face de nombreuses victimes de violences sexuelles intrafamiliales : le poids du secret, la difficulté d’être cru, les procédures judiciaires longues et incertaines. La réouverture de cette enquête représente peut-être enfin un tournant vers la reconnaissance et la justice.

